citations-art.com : une citation sur l'art ?

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2/06/12

Art contemporain et oeuvres du passé

"Je ne comprends pas pourquoi les gens qui apprécient l'art contemporain restent trop souvent indifférents aux oeuvres du passé. C'est le monde à l'envers."

Paris Match, édition du 31 mai 2012

9/06/10

Des traces de space invader

Gardez-vous des traces des space invaders posés ?

Oui, ils sont tous soumis à une rigoureuse indexation. Numérotation, adresse, date, position, nombre de points attribués : tous ces éléments sont inscrits dans une base de données. Ils sont aussi photographiés. Et puis je réalise des plans d'invasion.

Invader répond aux 20 questions les plus posées (06-2003)
Tiré de L'Invasion de Paris - Livre 01 : La Génèse
Edition 1.1 corrigée et remasterisée (1ère édition : 2003)
Editions L'Unité Centrale, 2009

6/06/10

Regarder l'outrenoir avec les yeux

Si l'on trouve que ces peintures sont seulement noires, c'est qu'on ne les regarde pas avec les yeux mais avec ce qu'on a dans la tête.

Les éclats du noir - Entretien de Pierre Encrevé
Cité dans le catalogue de l'exposition
Soulages 14 octobre 2009 - 8 mars 2010
Editions du Centre Pompidou (2009)

30/09/09

Un nouvel espace devant la toile, intégrant le spectateur

Un nouvel espace : celui de la peinture n’est plus sur le mur, comme dans la tradition picturale byzantine, il n’est pas non plus derrière le mur, comme dans les tableaux perspectifs, il est désormais devant la toile, physiquement. La lumière vient du tableau vers moi, je suis dans le tableau.

Entretien avec Pierre Soulages, Hans-Ulrich Obrist
Soulages 14 octobre 2009 - 8 mars 2010
Extrait du catalogue de l'exposition
Editions du Centre Pompidou (2009)

29/09/09

Soulages et l'invention de la couleur noire

C’était en 1979. J’étais en train de peindre. Ou plutôt… de rater une toile. Un grand barbouillis noir. J’étais malheureux, et comme je trouvais que c’était pur masochisme que de continuer si longuement, je suis allé dormir. Au réveil je suis allé voir la toile. J’ai vu que ce n’était plus le noir qui faisait vivre la toile mais le reflet de la lumière sur les surfaces noires. Sur les zones striées la lumière vibrait, et sur les zones plates tout était calme.

Entretien avec Pierre Soulages, Hans-Ulrich Obrist
Soulages 14 octobre 2009 - 8 mars 2010
Extrait du catalogue de l'exposition
Editions du Centre Pompidou (2009)

17/08/09

Space invaders, mosaïque et pixel art

Pourquoi la mosaïque ?

Parce qu'il s'agit d'un matériau parfait pour être utilisé sur des surfaces urbaines extérieures. C'est inaltérable et les couleurs ne ternissent pas avec le temps. Déjà au XVe siècle, le céramiste Domenico Ghirlandaio déclarait : la vraie peinture pour l'éternité est la mosaïque. Enfin parce que c'est carré et ça ressemble à du pixel.

Invader répond aux 20 questions les plus posées (06-2003)
Tiré de L'Invasion de Paris - Livre 01 : La Génèse
Edition 1.1 corrigée et remasterisée (1ère édition : 2003)
Editions L'Unité Centrale, 2009

18/05/09

Sam Szafran et le philodendron

Au printemps 1966, Riopelle m'avait présenté à Zao Wou-Ki et à sa femme May, que j'adorais. Très gentiment, ils m'ont prêté leur atelier pendant l'été, mais j'ai été absolument incapable d'y travailler : j'étais fasciné par un magnifique philodendron - rare à l'époque dans une maison - qui resplendissait sous la verrière, et qu'il m'était impossible de dessiner. Cette impuissance était devenue une obsession.

Entretien de Sam Szafran avec Daniel Marchesseau
Sam Szafran - L'atelier dans l'atelier 1960-2000
Catalogue de l'exposition du Musée de la Vie Romantique (oct. 2000-janv. 2001)
Editions des musées de la Ville de Paris (2000)

12/05/09

Le portrait et la proximité avec le sujet

Je suis assez près de mon sujet pour le toucher et il n'y a rien entre nous à l'exception de ce qui se passe tandis que nous nous observons pendant la réalisation du portrait. Cet échange implique des manipulations, des soumissions.

Catalogue de l'exposition Richard Avedon : Portraits au Metropolitan Museum of Art de New-York, du 26 septembre 2002 au 5 janvier 2003 (traduction)
Editions Harry N. Abrams Inc. (2002)

5/05/09

Comme une peinture d'Edward Hopper

Ce dont je me suis rendu compte, en fait, c'est à quel point la vie de tous les jours est ennuyeuse. [...] C'était comme une peinture d'Edward Hopper. En réalité j'ai été grandement influencé par Hopper, en prenant ces photographies - même marchant dans les rues la nuit et observant les restaurants. Presque un cliché. Vous verriez ces scènes à 11 heures le soir - deux personnes assises à une table en pleine discussion ou un serveur nettoyant une table - je pensais aux peintures de Hopper en les prenant. Mais ce fut un peu triste de réaliser, soir après soir, dans tous ces immeubles, qu'il s'agissait en réalité de gens seuls, entre 25 et 40 ans, harassés par une journée de travail, regardant la télévision installés dans leur canapé. Ce fut un peu une désillusion. J'avais pensé que ça serait plus excitant.

The Transparent City (traduction)
Michael Wolf
Editions Aperture (2008)

28/04/09

Les toits de Chicago

Mon arrivée à Chicago s'est faite par le train aérien ; je pouvais voir à travers toutes les fenêtres les gens travailler, et les immeubles étaient tous indépendants - à l'opposé, par exemple, de New York, où les immeubles se rejoignent et où il est en fait très difficile de trouver un endroit pour photographier. Mais, à Chicago, il y a de nombreux toits à des hauteurs variées, ce qui permet de se rendre sur l'un d'eux et de se retrouver à l'exacte parallèle des immeubles qui vous font face, où vous avez différentes vues au travers de lots vacants situés entre.

The Transparent City (traduction)
Michael Wolf
Editions Aperture (2008)

27/03/09

Soulages, peintre cistercien ?

Peut-être n'existe-t-il qu'une peinture cistercienne : celle de Soulages. Si je parle ainsi, ce n'est pas seulement par métaphore, ni pour dire que nulle autre peinture ne tiendrait mieux sous les voûtes du Thoronet. C'est aussi qu'il ne me paraît pas arbitraire, si l'on cherche à situer une oeuvre majeure de notre temps, de confronter deux moments aussi éloignés l'un de l'autre sur la trajectoire qu'a décrite au cours de son histoire l'art d'Europe...

Georges Duby
Une oeuvre de Pierre Soulages
Collection Iconotexte - Editions Muntaner (1998)

23/02/09

Et le spectacle ?

C'est le grand absent de la vente sur Internet ! Nous avons toujours eu beaucoup d'acheteurs, lors des ventes, qui sont reliés à nous via le téléphone. Eux n'ont que le son, mais c'est déjà ça. Lors des ventes sur le web, je trouve très ennuyeux de n'avoir qu'à tapoter sur un clavier. C'est contraire au mécanisme de spectacle dont je parlais plus tôt. Je pense que lorsque tout le monde sera équipé de webcams et que la bande passante ne sera plus un problème pour personne [...] alors cela permettra de faire un numéro planétaire.

Propos de Me Pierre Cornette de Saint Cyr, commisaire-priseur

L'art c'est la vie - Souvenirs d'un commissaire-priseur
Editions Michel Lafon, 2004

22/02/09

Les musées

Les musées sont des maisons qui abritent seulement des pensées. Ceux qui sont le moins capables de pénétrer ces pensées savent que ce sont des pensées qu'ils regardent dans ces tableaux placés les uns après les autres, que ces tableaux sont précieux, et que la toile, les couleurs qui s'y sont séchées et le bois doré lui-même qui l'encadre ne le sont pas.

Marcel Proust (1871-1922)

Essais et articles, Rembrandt

21/02/09

Le sens du beau

En 1970, j'ai montré pour la première fois à mon père un des portraits que j'avais faits de lui les années précédentes. Il en fut blessé. Mon sens du beau était très différent du sien. Je lui ai écrit une lettre pour essayer de lui expliquer. [...] Après sa mort en 1973, j'ai retrouvé cette lettre conservée dans la poche intérieure de son plus beau costume, celui qu'il ne portait jamais.

Catalogue de l'exposition Richard Avedon : Portraits au Metropolitan Museum of Art de New-York, du 26 septembre 2002 au 5 janvier 2003 (traduction)
Editions Harry N. Abrams Inc. (2002)

20/02/09

Un hommage incomparable à Rembrandt

Aussi toutes ces toiles sont-elles des choses extrêmement sérieuses, capables de préoccuper les plus grands d'entre nous pendant toute leur existence, pas au-delà à cause d'une impossibilité matérielle qui ne dépend pas d'eux, mais aussi vivement à leurs derniers jours, comme une chose dont l'importance n'a pas été diminuée par la fuite des années et qui, dans les quelques dernières années ou semaines qui restent à vivre, paraissent encore importantes et réelles.
[...]
Mais à travers le lointain brumeux des années épaissi sur sa face obscure, sur ses yeux au fond desquels, si loin maintenant, on ne pouvait plus apercevoir l'âme de Ruskin, la vie, on sentait que, le même toujours, bien qu'indiscernable, il venait du fond des années, sur ses jambes cassées, mais qui étaient toujours les jambes de Ruskin, apporter à Rembrandt un hommage incomparable.

Marcel Proust (1871-1922), à propos du critique d'art John Ruskin.

Essais et articles, Rembrandt

19/02/09

Le portrait, rapport authentique avec le sujet

L'appareil photo prenait presque les photos à ma place. Au dessus de l'appareil et plongé dans le viseur, je n'ai jamais vu les gens qui étaient là, les gens qui me regardaient, alors que le portrait c'est ce rapport authentique.

Catalogue de l'exposition Richard Avedon : Portraits au Metropolitan Museum of Art de New-York, du 26 septembre 2002 au 5 janvier 2003 (traduction)
Editions Harry N. Abrams Inc. (2002)

18/02/09

Le monde de Nicolas Poussin

Poussin a placé la barre très haut ; on ne pénètre pas aisément dans son monde. S'il demeure l'artiste favori de bien des peintres et des historiens d'art, si son prestige auprès des amateurs est immense, il n'en demeure pas moins difficilement compréhensible pour un large public. On ne peut regarder rapidement ses tableaux ; il convient de faire un effort et cet effort nécessite du temps.

Pierre Rosenberg, entretien avec Connaissance des Arts au moment de l'exposition de 1994 au Grand Palais à Paris

17/02/09

Les quatre possibilités de la sculpture en mouvement

A partir du moment où on choisit de donner une torsion, il y a pour moi quatre modalités différentes de cette torsion. A partir d’un aplomb donné, on peut faire quatre torsions, chacune exprimant des choses différentes : il peut y avoir des torsions très extériorisées, des torsions plus intérieures, qui vont peut-être plus se tourner vers soi-même ; ça peut avoir un côté joyeux ou au contraire un côté dramatique. C’est un peu un vocabulaire, un alphabet, ces quatre torsions. En fait, toutes les sculptures sont, grosso modo, basées là-dessus.

Simplement après, la position des bras, de la tête, des différents membres, de la jambe en avant ou en arrière ... mais là, comme c'est réduit à la puissance d’une simple expression, à savoir le rapport bassin-jambes avec le torse, là, d’une certaine manière, ce sont les quatre possibilités de la sculpture en mouvement. En même temps, c’est un beau chiffre, quatre, c’est la quaternité, c’est une sorte de totalité, comme les quatre points cardinaux, les quatre saisons, etc.

Propos recueillis en mars 1999, à propos des Caryatides.

16/02/09

Chillida, architecte du vide

La forme se dessine toute seule en fonction de cet espace qui fabrique sa demeure à la façon d'un animal qui sécrète sa coquille. Comme cet animal, je suis un architecte du vide.

Chillida
Catalogue de l'exposition à la Galerie Nationale du Jeu de Paume, du 19 juin au 16 septembre 2001
Editions du Jeu de Paume (2001)

15/02/09

Les Peignes du vent, limite espace-temps

Ce que je voulais faire, c'est réunir un symbole du passé et une affirmation du futur. Le futur (pour certains) c'est l'Horizon, l'inconnu. Ils [à propos des Peignes du vent] sont le symbole du futur : dans un certain sens, comme une finis terrea, pas exactement comme Saint-Jacques-de-Compostelle, qui est la limite de l'Europe, mais pour nous, pour nos grands-parents, cet endroit est la limite de notre connaissance. A partir de l'espace et de son frère le temps, sous la gravité insistante, percevant la matière comme un espace plus lent, je m'interroge avec étonnement sur ce que je ne sais pas. La limite n'est-elle pas le véritable protagoniste de l'espace, comme le présent, autre limite, est le protagoniste du temps ?

Chillida
Catalogue de l'exposition à la Galerie Nationale du Jeu de Paume, du 19 juin au 16 septembre 2001
Editions du Jeu de Paume (2001)

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