30/09/09
Par guillaumeh le 30/09/09, 07h - Pierre Soulages
Un nouvel espace : celui de la peinture n’est plus sur le mur, comme dans la
tradition picturale byzantine, il n’est pas non plus derrière le mur, comme
dans les tableaux perspectifs, il est désormais devant la toile, physiquement.
La lumière vient du tableau vers moi, je suis dans le tableau.
Entretien avec Pierre Soulages, Hans-Ulrich Obrist
Soulages 14 octobre 2009 - 8 mars 2010
Extrait du catalogue de l'exposition
Editions du Centre Pompidou (2009)
29/09/09
Par guillaumeh le 29/09/09, 22h - Pierre Soulages
C’était en 1979. J’étais en train de peindre. Ou plutôt… de rater une toile.
Un grand barbouillis noir. J’étais malheureux, et comme je trouvais que c’était
pur masochisme que de continuer si longuement, je suis allé dormir. Au réveil
je suis allé voir la toile. J’ai vu que ce n’était plus le noir qui faisait
vivre la toile mais le reflet de la lumière sur les surfaces noires. Sur les
zones striées la lumière vibrait, et sur les zones plates tout était calme.
Entretien avec Pierre Soulages, Hans-Ulrich Obrist
Soulages 14 octobre 2009 - 8 mars 2010
Extrait du catalogue de l'exposition
Editions du Centre Pompidou (2009)
17/08/09
Par guillaumeh le 17/08/09, 20h - Invader
Pourquoi la mosaïque ?
Parce qu'il s'agit d'un matériau parfait pour être utilisé sur des surfaces
urbaines extérieures. C'est inaltérable et les couleurs ne ternissent pas avec
le temps. Déjà au XVe siècle, le céramiste Domenico Ghirlandaio déclarait :
la vraie peinture pour l'éternité est la mosaïque. Enfin parce que
c'est carré et ça ressemble à du pixel.
L'Invasion de Paris
Livre 01 : La Génèse
Edition 1.1 corrigée et remasterisée (première édition datant de 2003)
Editions L'Unité Centrale, 2009
18/05/09
Par guillaumeh le 18/05/09, 07h - Sam Szafran
Au printemps 1966, Riopelle m'avait présenté à Zao Wou-Ki et à sa femme May,
que j'adorais. Très gentiment, ils m'ont prêté leur atelier pendant l'été, mais
j'ai été absolument incapable d'y travailler : j'étais fasciné par un
magnifique philodendron - rare à l'époque dans une maison - qui resplendissait
sous la verrière, et qu'il m'était impossible de dessiner. Cette impuissance
était devenue une obsession.
Entretien de Sam Szafran avec Daniel Marchesseau
Sam Szafran - L'atelier dans l'atelier 1960-2000
Catalogue de l'exposition du Musée de la Vie Romantique (oct. 2000-janv.
2001)
Editions des musées de la Ville de Paris (2000)
12/05/09
Par guillaumeh le 12/05/09, 21h - Richard Avedon
Je suis assez près de mon sujet pour le toucher et il n'y a rien entre nous
à l'exception de ce qui se passe tandis que nous nous observons pendant la
réalisation du portrait. Cet échange implique des manipulations, des
soumissions.
Catalogue de l'exposition Richard
Avedon : Portraits au Metropolitan Museum of Art de New-York, du 26
septembre 2002 au 5 janvier 2003 (traduction)
Editions Harry N. Abrams Inc. (2002)
5/05/09
Par guillaumeh le 5/05/09, 21h - Michael Wolf
Ce dont je me suis rendu compte, en fait, c'est à quel point la vie de tous
les jours est ennuyeuse. [...] C'était comme une peinture d'Edward Hopper. En
réalité j'ai été grandement influencé par Hopper, en prenant ces photographies
- même marchant dans les rues la nuit et observant les restaurants. Presque un
cliché. Vous verriez ces scènes à 11 heures le soir - deux personnes assises à
une table en pleine discussion ou un serveur nettoyant une table - je pensais
aux peintures de Hopper en les prenant. Mais ce fut un peu triste de réaliser,
soir après soir, dans tous ces immeubles, qu'il s'agissait en réalité de gens
seuls, entre 25 et 40 ans, harassés par une journée de travail, regardant la
télévision installés dans leur canapé. Ce fut un peu une désillusion. J'avais
pensé que ça serait plus excitant.
The Transparent City
(traduction)
Michael Wolf
Editions Aperture (2008)
28/04/09
Par guillaumeh le 28/04/09, 23h - Michael Wolf
Mon arrivée à Chicago s'est faite par le train aérien ; je pouvais voir à
travers toutes les fenêtres les gens travailler, et les immeubles étaient tous
indépendants - à l'opposé, par exemple, de New York, où les immeubles se
rejoignent et où il est en fait très difficile de trouver un endroit pour
photographier. Mais, à Chicago, il y a de nombreux toits à des hauteurs
variées, ce qui permet de se rendre sur l'un d'eux et de se retrouver à
l'exacte parallèle des immeubles qui vous font face, où vous avez différentes
vues au travers de lots vacants situés entre.
The Transparent City
(traduction)
Michael Wolf
Editions Aperture (2008)
27/03/09
Par guillaumeh le 27/03/09, 07h - Pierre Soulages
Peut-être n'existe-t-il qu'une peinture cistercienne : celle de Soulages. Si
je parle ainsi, ce n'est pas seulement par métaphore, ni pour dire que nulle
autre peinture ne tiendrait mieux sous les voûtes du Thoronet. C'est
aussi qu'il ne me paraît pas arbitraire, si l'on cherche à situer une oeuvre
majeure de notre temps, de confronter deux moments aussi éloignés l'un de
l'autre sur la trajectoire qu'a décrite au cours de son histoire l'art
d'Europe...
Georges Duby
Une oeuvre de Pierre Soulages
Collection Iconotexte - Editions Muntaner (1998)
23/02/09
Par guillaumeh le 23/02/09, 09h - Autres auteurs
C'est le grand absent de la vente sur Internet ! Nous avons toujours eu
beaucoup d'acheteurs, lors des ventes, qui sont reliés à nous via le téléphone.
Eux n'ont que le son, mais c'est déjà ça. Lors des ventes sur le web, je trouve
très ennuyeux de n'avoir qu'à tapoter sur un clavier. C'est contraire au
mécanisme de spectacle dont je parlais plus tôt. Je pense que lorsque tout le
monde sera équipé de webcams et que la bande passante ne sera plus un problème
pour personne [...] alors cela permettra de faire un numéro planétaire.
Propos de Me Pierre Cornette de Saint Cyr, commisaire-priseur
L'art c'est la vie - Souvenirs d'un commissaire-priseur
Editions Michel Lafon, 2004
22/02/09
Par guillaumeh le 22/02/09, 13h - Autres auteurs
Les musées sont des maisons qui abritent seulement des pensées. Ceux qui
sont le moins capables de pénétrer ces pensées savent que ce sont des pensées
qu'ils regardent dans ces tableaux placés les uns après les autres, que ces
tableaux sont précieux, et que la toile, les couleurs qui s'y sont séchées et
le bois doré lui-même qui l'encadre ne le sont pas.
Marcel Proust (1871-1922)
Essais et articles, Rembrandt
21/02/09
Par guillaumeh le 21/02/09, 21h - Richard Avedon
En 1970, j'ai montré pour la première fois à mon père un des portraits que
j'avais faits de lui les années précédentes. Il en fut blessé. Mon sens du beau
était très différent du sien. Je lui ai écrit une lettre pour essayer de lui
expliquer. [...] Après sa mort en 1973, j'ai retrouvé cette lettre conservée
dans la poche intérieure de son plus beau costume, celui qu'il ne portait
jamais.
Catalogue de l'exposition Richard
Avedon : Portraits au Metropolitan Museum of Art de New-York, du 26
septembre 2002 au 5 janvier 2003 (traduction)
Editions Harry N. Abrams Inc. (2002)
20/02/09
Par guillaumeh le 20/02/09, 08h - Autres auteurs
Aussi toutes ces toiles sont-elles des choses extrêmement sérieuses,
capables de préoccuper les plus grands d'entre nous pendant toute leur
existence, pas au-delà à cause d'une impossibilité matérielle qui ne dépend pas
d'eux, mais aussi vivement à leurs derniers jours, comme une chose dont
l'importance n'a pas été diminuée par la fuite des années et qui, dans les
quelques dernières années ou semaines qui restent à vivre, paraissent encore
importantes et réelles.
[...]
Mais à travers le lointain brumeux des années épaissi sur sa face obscure, sur
ses yeux au fond desquels, si loin maintenant, on ne pouvait plus apercevoir
l'âme de Ruskin, la vie, on sentait que, le même toujours, bien
qu'indiscernable, il venait du fond des années, sur ses jambes cassées, mais
qui étaient toujours les jambes de Ruskin, apporter à Rembrandt un hommage
incomparable.
Marcel Proust (1871-1922), à propos du critique d'art John Ruskin.
Essais et articles, Rembrandt
19/02/09
Par guillaumeh le 19/02/09, 20h - Richard Avedon
L'appareil photo prenait presque les photos à ma place. Au dessus de
l'appareil et plongé dans le viseur, je n'ai jamais vu les gens qui étaient là,
les gens qui me regardaient, alors que le portrait c'est ce rapport
authentique.
Catalogue de l'exposition Richard
Avedon : Portraits au Metropolitan Museum of Art de New-York, du 26
septembre 2002 au 5 janvier 2003 (traduction)
Editions Harry N. Abrams Inc. (2002)
18/02/09
Par guillaumeh le 18/02/09, 07h - Nicolas Poussin
Poussin a placé la barre très haut ; on ne pénètre pas aisément dans son
monde. S'il demeure l'artiste favori de bien des peintres et des historiens
d'art, si son prestige auprès des amateurs est immense, il n'en demeure pas
moins difficilement compréhensible pour un large public. On ne peut regarder
rapidement ses tableaux ; il convient de faire un effort et cet effort
nécessite du temps.
Pierre Rosenberg, entretien avec Connaissance des Arts au
moment de l'exposition de 1994 au Grand Palais à Paris
17/02/09
Par guillaumeh le 17/02/09, 07h - Xavier Dambrine
A partir du moment où on choisit de donner une torsion, il y a pour moi
quatre modalités différentes de cette torsion. A partir d’un aplomb donné, on
peut faire quatre torsions, chacune exprimant des choses différentes : il peut
y avoir des torsions très extériorisées, des torsions plus intérieures, qui
vont peut-être plus se tourner vers soi-même ; ça peut avoir un côté joyeux ou
au contraire un côté dramatique. C’est un peu un vocabulaire, un alphabet, ces
quatre torsions. En fait, toutes les sculptures sont, grosso modo,
basées là-dessus.
Simplement après, la position des bras, de la tête, des différents membres, de
la jambe en avant ou en arrière ... mais là, comme c'est réduit à la puissance
d’une simple expression, à savoir le rapport bassin-jambes avec le torse, là,
d’une certaine manière, ce sont les quatre possibilités de la sculpture en
mouvement. En même temps, c’est un beau chiffre, quatre, c’est la quaternité,
c’est une sorte de totalité, comme les quatre points cardinaux, les quatre
saisons, etc.
Propos recueillis en mars 1999, à propos des Caryatides.
16/02/09
Par guillaumeh le 16/02/09, 17h - Eduardo Chillida
La forme se dessine toute seule en fonction de cet espace qui fabrique sa
demeure à la façon d'un animal qui sécrète sa coquille. Comme cet animal, je
suis un architecte du vide.
Chillida
Catalogue de l'exposition à la Galerie Nationale du Jeu de Paume, du 19 juin au
16 septembre 2001
Editions du Jeu de Paume (2001)
15/02/09
Par guillaumeh le 15/02/09, 17h - Eduardo Chillida
Ce que je voulais faire, c'est réunir un symbole du passé et une affirmation
du futur. Le futur (pour certains) c'est l'Horizon, l'inconnu. Ils [à propos
des Peignes du vent] sont le symbole du futur : dans un certain sens, comme une
finis terrea, pas exactement comme Saint-Jacques-de-Compostelle, qui
est la limite de l'Europe, mais pour nous, pour nos grands-parents, cet endroit
est la limite de notre connaissance. A partir de l'espace et de son frère le
temps, sous la gravité insistante, percevant la matière comme un espace plus
lent, je m'interroge avec étonnement sur ce que je ne sais pas. La limite
n'est-elle pas le véritable protagoniste de l'espace, comme le présent, autre
limite, est le protagoniste du temps ?
Chillida
Catalogue de l'exposition à la Galerie Nationale du Jeu de Paume, du 19 juin au
16 septembre 2001
Editions du Jeu de Paume (2001)
16/01/09
Par guillaumeh le 16/01/09, 13h - Pierre Soulages
J'ai un atelier dans le Midi, joint à la maison. De temps en temps, on prend
une toile et on l'accroche dans la partie où nous vivons. Il y a eu longtemps
au mur une peinture ocre-jaune, noir, gris et blanc. Quelle que fût la lumière
du jour, c'était toujours les mêmes couleurs qui apparaissaient, on pouvait
toujours dire que c'était un ocre, un gris, un blanc et un noir. Maintenant il
y a une de ces toiles dites noires. Certains matins elle est gris
argent. A d'autres moments, captant les reflets de la mer elle est bleue. A
d'autres heures elle prend des tons de brun cuivré. En réalité elle est
toujours en accord avec la lumière reçue.
Les ateliers de Soulages
Michel Ragon
Albin Michel (1990)
16/11/08
Par guillaumeh le 16/11/08, 10h - Miguel Chevalier
Lieu et oeuvres se confondent dans l'écart de leurs différences. Le virtuel
promotionne le réel jusqu'à nous perdre dans l'illusion de notre rapport au
vécu.
Miguel Chevalier
Pierre Restany, Laurence Bertrand Dorléac, Patrick Imbard
Flammarion (2000)
5/10/08
Par guillaumeh le 5/10/08, 12h - Pierre Soulages
Vous savez, il n'y a pas 36 manières de peindre. Ou bien en déposant une
couleur parallèlement à la surface, ou bien en l'appliquant perpendiculairement
à la surface comme le fait l'imprimerie. Pour ma part je n'ai jamais été, et je
ne me suis jamais considéré comme un peintre gestuel, bien qu'on m'ait classé
quelquefois dans cette catégorie. Quand je peins, ce qui importe, c'est la
trace qu'apporte le geste.
Soulages - L'oeuvre imprimé
Catalogue de l'exposition à la BNF, du 27 mai au 31 août 2003
BNF (2003)