16/11/08
Par guillaumeh le 16/11/08, 10h - Miguel Chevalier
Lieu et oeuvres se confondent dans l'écart de leurs différences. Le virtuel
promotionne le réel jusqu'à nous perdre dans l'illusion de notre rapport au
vécu.
Miguel Chevalier
Pierre Restany, Laurence Bertrand Dorléac, Patrick Imbard
Flammarion (2000)
5/10/08
Par guillaumeh le 5/10/08, 12h - Pierre Soulages
Vous savez, il n'y a pas 36 manières de peindre. Ou bien en déposant une
couleur parallèlement à la surface, ou bien en l'appliquant perpendiculairement
à la surface comme le fait l'imprimerie. Pour ma part je n'ai jamais été, et je
ne me suis jamais considéré comme un peintre gestuel, bien qu'on m'ait classé
quelquefois dans cette catégorie. Quand je peins, ce qui importe, c'est la
trace qu'apporte le geste.
Soulages - L'oeuvre imprimé
Catalogue de l'exposition à la BNF, du 27 mai au 31 août 2003
BNF (2003)
Par guillaumeh le 5/10/08, 11h - Pierre Soulages
[A propos de la hiérarchie entre dessin, peinture, gravure]
Lorsqu'on voit des gravures qui ne sont que des copies d'une peinture (c'est
comme ça d'ailleurs, que l'on pouvait connaître la peinture autrefois, quand il
n'y avait pas de photographie), on peut considérer qu'il y a une hiérarchie. La
gravure n'était là qu'en fonction de la peinture qu'elle copiait. Mais il est
une gravure originale qui a une spécificité, une saveur, une qualité qui lui
est propre et je ne vois pas alors pourquoi on préfèrerait, pourquoi on dirait
que la peinture est un art supérieur à la gravure, ou inversement.
Soulages - L'oeuvre imprimé
Catalogue de l'exposition à la BNF, du 27 mai au 31 août 2003
BNF (2003)
28/09/08
Par guillaumeh le 28/09/08, 20h - Pierre Soulages
Je dis souvent que c'est ce que je fais qui m'apprend ce que je cherche,
mais, sur le moment, je ne le découvre que vaguement ou en partie. Une
rétrospective, en m'amenant à interroger le passé, est toujours une expérience
qui m'aide beaucoup à voir plus clairement ce que j'ai poursuivi. Et ceci plus
encore devant un choix que je n'ai pas fait.
Pierre Soulages - Célébration de la lumière
Catalogue de l'exposition au Musée des beaux-arts de Berne, du 28 mai au 8 août
1999
Skira/Seuil (1999)
Par guillaumeh le 28/09/08, 19h - Pierre Soulages
Mon but en créant une peinture est de proposer aux gens un objet dans lequel
je me suis investi et dans lequel ils pourront peut-être eux-mêmes entrer ou
investir ce qu'ils ont en eux, et y trouver un plaisir, l'aimer.
Pierre Soulages - Célébration de la lumière
Catalogue de l'exposition au Musée des beaux-arts de Berne, du 28 mai au 8 août
1999
Skira/Seuil (1999)
Par guillaumeh le 28/09/08, 09h - Sam Szafran
Un soir, je travaillais dans cet escalier - j'ai toujours vécu dans les
escaliers - et je m'étais endormi. Il faisait nuit. Et j'ai eu un cauchemar. Je
me suis réveillé. C'était la pleine lune, et il y avait une ombre portée de la
fenêtre sur les marches de l'escalier. J'ai vu d'un seul coup. J'étais passé
mille fois sans la voir, et subitement je l'ai vue. Alors j'ai décidé de la
dessiner. Mais ça bougeait toutes les trois minutes... La Terre tourne... Il y
avait la lumière, ici, découpée, et tout le reste était dans le noir. Je
dessinais jusqu'à ce que tout tombe dans le noir, en m'aidant d'une lampe de
poche. A un moment donné, tout ce qui était très sombre devenait très clair, et
tout ce qui était très clair devenait très sombre. Alors, pour pouvoir faire
l'ensemble, je me suis mis à bouger.
Entretien avec Sam Szafran, par Jean Clair
Fondation Pierre Gianadda (1999)
Par guillaumeh le 28/09/08, 08h - Sam Szafran
Dans les ateliers, c'est le règne du végétal. A l'image de cette pullulation
d'objets, les plantes bourgeonnent, croissent, se développent, s'enroulent,
s'étoilent et s'étiolent, bourgeonnent à nouveau, emplissent peu à peu tout
l'espace disponible. Une sorte de peur panique du manque agglutine, agglomère,
empile ces choses, jusqu'aux plus dérisoires.
Jean Clair - Szafran
Skira (1996)
Par guillaumeh le 28/09/08, 08h - Sam Szafran
Sam pour moi c'est l'intelligence acrobatique, le coeur en fusion et la
déraison fulgurante ; ceci dit, le pastel et le fusain à la main c'est du bien
tempéré, comme le clavecin.
Henri Cartier-Bresson
Catalogue d'exposition, Caja Iberia, Saragosse, 1988
20/07/08
Par guillaumeh le 20/07/08, 22h - Miguel Chevalier
J'imagine une oeuvre interactive programmée à distance à partir d'un
ordinateur centralisé, et constamment réactualisée en fonction des goûts du
collectionneur. L'actualité, le cycle des saisons pourraient être les
paramètres nécessaires à l'évolution de l'oeuvre.
L'histoire qui se déroule au fil du temps se redéfinit sans cesse, et je
voudrais me situer parmi ces artistes qui sont non seulement à l'écoute de leur
siècle, mais encore capables de véhiculer les idées de leur temps avec les
moyens de leur temps.
Miguel Chevalier
Pierre Restany, Laurence Bertrand Dorléac, Patrick Imbard
Flammarion (2000)
13/07/08
Par guillaumeh le 13/07/08, 22h - Xavier Dambrine
La totalité de mon travail est gérée par cela : Essayer de faire sentir sur
la surface des sculptures quelque chose qui passe de l’intérieur, qui vient à
l’expression.
Propos recueillis en mars 1999, à propos de la sculpture "Le Torse"
Par guillaumeh le 13/07/08, 22h - Richard Avedon
Un portrait n'est pas une ressemblance. Dès lors qu'une émotion ou qu'un
fait est traduit en photo, il cesse d'être un fait pour devenir une opinion.
L'inexactitude n'existe pas en photographie. Toutes les photos sont exactes.
Aucune d'elles n'est la vérité.
Par guillaumeh le 13/07/08, 22h - Autres auteurs
Parce que, entre nous, tout ce que Malraux a écrit sur l'art, c'est de la
blague. Cela ne tient pas debout une seconde.
Propos de Daniel Wildenstein
Marchands d'Art
Yves Stavridès
Plon (1999)
Par guillaumeh le 13/07/08, 22h - Autres auteurs
[son grand-père Nathan s'adressant à lui]
Daniel, il n'y a que deux choses qui comptent vraiment. Aimer la France. Et
aller au Louvre.
Propos de Daniel Wildenstein
Marchands d'Art
Yves Stavridès
Plon (1999)
Par guillaumeh le 13/07/08, 22h - Pierre Bonnard
De cette aventure, il me reste aujourd'hui 180 tableaux de Bonnard. Les plus
beaux. Les plus magnifiques. Que vaut un Bonnard de nos jours ? Les grands
Bonnard valent entre 5 et 7 millions de dollars. Les autres oscillent entre 500
000 et 2 millions de dollars. Ces sommes n'ont aucune signification pour moi.
Pourquoi les ai-je encore, ces Bonnard ? Pourquoi ai-je gardé les plus beaux ?
Parce que je les aime. Parce que c'est le peintre que j'aimais et que j'aime le
plus au monde.
Propos de Daniel Wildenstein
Marchands d'Art
Yves Stavridès
Plon (1999)
Par guillaumeh le 13/07/08, 22h - Pierre Soulages
Mais c'est de la couleur, le noir ! C'est une couleur, une couleur très
violente ! Je ne parviens pas à comprendre cette distinction absurde entre,
d'une part, le noir, et de l'autre, la couleur. D'ailleurs, il n'y a pas de
refus des autres couleurs, rien de négatif dans ce choix du noir, mais un amour
et sans modération...
Tout l'art Monographie - Soulages
Bernard Ceysson
Editions Flammarion (1996)
Par guillaumeh le 13/07/08, 22h - Pierre Soulages
Dans la peinture, ce qui est important, ce sont les rapports, les relations.
Avec du noir et du blanc, ou avec du noir seulement, [...] on obtient un effet
que, sans paradoxe, je qualifierais de coloré, tout aussi coloré que lorsqu'on
met un jaune près d'un violet.
Tout l'art Monographie - Soulages
Bernard Ceysson
Editions Flammarion (1996)
Par guillaumeh le 13/07/08, 13h - Pierre Soulages
La réalité d'une oeuvre, c'est le triple rapport qui s'établit entre la
chose qu'elle est, le peintre qui l'a produite et celui qui la regarde. Et là,
tout ce que sont ces hommes entre en jeu, leur histoire, tout ce qui les a fait
et ce qu'ils sont, leur sensibilité, leur personnalité...
Tout l'art Monographie - Soulages
Bernard Ceysson
Editions Flammarion (1996)