C’était en 1979. J’étais en train de peindre. Ou plutôt… de rater une toile.
Un grand barbouillis noir. J’étais malheureux, et comme je trouvais que c’était
pur masochisme que de continuer si longuement, je suis allé dormir. Au réveil
je suis allé voir la toile. J’ai vu que ce n’était plus le noir qui faisait
vivre la toile mais le reflet de la lumière sur les surfaces noires. Sur les
zones striées la lumière vibrait, et sur les zones plates tout était calme.
Entretien avec Pierre Soulages, Hans-Ulrich Obrist
Soulages 14 octobre 2009 - 8 mars 2010
Extrait du catalogue de l'exposition
Editions du Centre Pompidou (2009)