Aussi toutes ces toiles sont-elles des choses extrêmement sérieuses, capables de préoccuper les plus grands d'entre nous pendant toute leur existence, pas au-delà à cause d'une impossibilité matérielle qui ne dépend pas d'eux, mais aussi vivement à leurs derniers jours, comme une chose dont l'importance n'a pas été diminuée par la fuite des années et qui, dans les quelques dernières années ou semaines qui restent à vivre, paraissent encore importantes et réelles.
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Mais à travers le lointain brumeux des années épaissi sur sa face obscure, sur ses yeux au fond desquels, si loin maintenant, on ne pouvait plus apercevoir l'âme de Ruskin, la vie, on sentait que, le même toujours, bien qu'indiscernable, il venait du fond des années, sur ses jambes cassées, mais qui étaient toujours les jambes de Ruskin, apporter à Rembrandt un hommage incomparable.
Marcel Proust (1871-1922), à propos du critique d'art John Ruskin.
Essais et articles, Rembrandt
